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DPE Arles 13200
25 Avril 2026

La mérule : trois laboratoires s’allient pour établir une cartographie inédite de sa propagation.

Fongilab, le cabinet Martinet et la SEMHV ont mis en commun leurs données d’analyses fongiques afin d’établir un état des lieux inédit de la mérule en France pour 2024 et 2025. Publiés sur le site du réseau Xylodiag, ces travaux mettent en lumière l’ampleur du phénomène tout en soulignant les limites d’un cadre réglementaire encore largement fondé sur des arrêtés préfectoraux, souvent éloignés de la réalité du terrain.

Il s’agit d’une initiative sans précédent à cette échelle. Ces trois laboratoires spécialisés ont croisé leurs données de détection pour proposer une vision plus précise de l’infestation sur l’ensemble du territoire métropolitain. La cartographie ainsi que les premières analyses statistiques ont été rendues accessibles par le réseau Xylodiag.

Une collaboration inédite

Face à l’absence de statistiques fiables sur l’infestation en France, les acteurs du projet ont décidé d’unir leurs efforts. L’objectif : produire une première base de données indépendante, affranchie de tout conflit d’intérêt, afin de mieux appréhender la réalité du phénomène. Cette mutualisation permet également de révéler une situation bien plus étendue qu’estimée jusqu’alors.

Une présence largement répandue et en hausse

Les résultats sont significatifs : 3 312 cas ont été recensés sur deux ans, dont 1 503 en 2024 et 1 809 en 2025, soit une progression de 20,4 %. Au total, 1 900 communes sont concernées, réparties dans 93 départements sur 95, ce qui confirme une diffusion quasi généralisée. Seuls les Alpes-de-Haute-Provence et le Gard ne présentent aucun cas sur la période étudiée.

Certaines zones restent particulièrement touchées, comme le Nord (272 cas), la Seine-Maritime (207), le Pas-de-Calais (172) et les Vosges (167). Les Hauts-de-France apparaissent comme la région la plus impactée, devant le Grand Est et la Normandie. L’analyse met également en évidence des hausses marquées dans plusieurs départements, notamment l’Ille-et-Vilaine, le Pas-de-Calais et le Haut-Rhin.

Au-delà des chiffres, cette cartographie remet en cause certaines idées reçues : la mérule ne se limite pas à des zones historiquement identifiées. Une corrélation apparaît entre le nombre de cas et la densité du bâti, offrant une lecture renouvelée du phénomène.

Un cadre réglementaire questionné

Ces résultats relancent le débat sur la pertinence du dispositif actuel issu de la loi Alur. Ils remettent en cause une approche territorialisée opposant zones à risque et zones épargnées. Contrairement aux termites, la mérule se propage via des spores capables de parcourir de longues distances, ce qui interroge la pertinence du modèle actuel.

Certains acteurs plaident ainsi pour un diagnostic plus systématique, au-delà de la simple obligation d’information des acquéreurs. D’autres pointent surtout un déficit de connaissance et de suivi des obligations existantes, appelant à renforcer la sensibilisation du public, des collectivités et des professionnels.

En définitive, cette étude souligne la nécessité d’une meilleure prise en compte du risque mérule dans le cadre législatif et réglementaire, dans l’espoir d’améliorer les dispositifs de prévention et de protection des acquéreurs.

DPE Saint-Gilles 30800